Peli en Amérique du sud

Il fallait vraiment que ça vaille le coup pour échanger son été contre un hiver.

Salta et ses environs

Et nous voila donc, après une halte de quelques heures a Tucuman (qui nous a permis de visiter un peu la ville, notamment la “maison historique” où a été signé le traité d’indépendance de l’ Argentine) et 4heures de bus supplémentaires, à Salta (On est parti la veille vers 11h du matin de Santisima Trinidad pour arriver le lendemain à Salta vers 22h30, avec au total 24h30 de bus… Ça fait mal)

On dort dans une auberge sympa, comme d’hab quasi que des Français, avec des photos d’extra terrestres et d’ovnis partout. En effet, dans la région de Salta, beaucoup d’ ovnis ont été aperçus depuis des années, et de ce que j’ai lu c’est assez plausible (après chacun en pense ce qu’il en veut), mais bizarre, avec beaucoup de volte face des autorités dans leurs déclarations. Si ça vous intéresse, faites donc des recherches sur le sujet (souvent en espagnol).

Le matin, on décide de louer une voiture, malgré la folie des conducteurs Argentins (le pays où la sécurité routière est la plus basse au monde) et de partir au Sud de Salta. J’ ai pas fait 1km qu’ un taré arrive à fond dans le rond point où je m’étais engagé, me forçant pour l’éviter à donner un coup de volant sur la gauche, et éclater le pneu sur le trottoir. Nickel, surtout que le gars qui nous a loué la voiture avait l’air super méticuleux (on rend la voiture demain). On a donc traversé avec de nombreuses pauses la quebrada de las conchas, magnifiques formations rocheuses de diverses couleurs, dont le rouge et le vert, aussi connus pour les formes prises par les roches, représentant par exemple des châteaux ou des animaux. Mais la nuit tombant, on a pas pu voir les dernières formations (cela aura son importance par la suite).

On est donc arrivé à Cafayate, petit village charmant, entouré de montagnes, et surtout réputé pour ses nombreuses caves, notamment de vin blanc. Petite balade nocturne, puis au lit.

Le lendemain, visite de centre ville, puis montée au sommet d’une des montagnes surplombant la ville, pour aller voir des peintures rupestres précolombiennes, accompagnée par une locale sans le sou qui construisait sa maison non loin de là. On a ensuite rendu visite aux artisans du coin, qui nous ont chaleureusement accueillis, pour voir leur travail sur les cactus. Je garde un très bon souvenir d’un d’eux qui m’a fait mourir de rire avec les histoires sur sa belle mère, quand sa femme n’écoutait pas. Une grande pauvreté chez eux, mais un positivisme à toute épreuve. Aucune plainte quand à leur condition, toujours de l’espoir (alors que dans d’autres régions, on a vu des mères inculquer à leurs enfants d’aller voir les touristes en disant: “j’ai faim” ou “ma mère est malade” et qui vont te marchander pour que tu leur donnes plus si tu leur donnes).

On est ensuite allé visiter une bodega, avec dégustation de vins à la clé, puis on est parti encore plus au sud, sous un soleil de plomb, pour visiter les ruines Quilmes, de la tribu du même nom, réputée pour avoir résisté pendant plus de 130ans aux conquistadors.

Ceci étant fait, on décide de repartir sur Salta avant que la nuit ne tombe. Seulement voilà, en repassant par la quebrada de las conchas (qui je le rappelle est une vallée désertique), on s’est arrêté pour voir la partie qu’on avait pas bien vu à l’aller.. Et c’est après avoir escaladé une colline pour avoir une meilleure vue que l’incident se produisit: mon pied glisse sur la terre, et me voilà tombant à 1m en contrebas sur mon pied complètement tordu sur le coté (en valgus, pour vous amis étudiants en médecine), dans un grand “crac” et une souffrance atroce. Un cri se perdit dans la vallée. J’essaie de me relever, et là je re glisse et me fait encore plus mal au pied (un autre cri dans la vallée). Jane, qui était plus loin et qui croyait à une blague (je savais pas que je faisais des blagues aussi pourries ;) ) arrive et voyant mon état compris que je ne rigolais pas. Elle m’aida donc à rejoindre la voiture, d’où je fis rapidement mon examen clinique, et là je sentis clairement que le péroné (ou fibula, toujours pour vous) était pété en 2. Dès que je bougeais le pied, les 2 bords de l’os cassé craquait l’un contre l’autre, ce qui me rappelait macabrement les cotes cassées sur lesquelles on fait un massage cardiaque.

Nous voila donc la nuit tombée, dans une vallée désertique, le premier hôpital à presque 300 kms, avec Jane qui n’a pas conduit depuis au moins 5ans et qui se flippe trop, et moi avec un hématome énorme au niveau de la maléole externe, souffrant en silence. Nickel la situation. Mais bon, pour vous résumer, Jane a parfaitement conduit jusqu’à Salta, malgré quelques frayeurs, mais on a quand même mis 3h pour arriver à l’hôpital. Et je les ai senties passer à chaque bosse de la route.

Arrivé au premier hôpital (qui s’est avéré plus tard être une clinique), je découvre avec moult surprises que quand j’ai fait mon super examen clinique comparatif au moment de l’incident, j’ai oublié au bord de la route une de mes chaussures. Devinez quoi, c’est la seule paire que j’ai avec moi. Mieux, c’est celle du pied pas touché. Cela fait donc 2jours que je me balade avec une chaussure gauche sur mon pied droit. C’est trop la classe. Et super agréable, surtout que c’est mon seul appui.Bref.

Je suis reçu par l’interne, qui me dit: “T’as un plan de santé?” (c’est comme une mutuelle, mais c’est le même systeme qu’aux States). Je dit non. “T’as de l’argent alors?” euh… ui. “Bon, ben va payer la consulte, et après je te vois”. Je lui dit que je veux une radio, il me dit qu’il doit me voir d’abord. OK nickel! Ça fait juste 3h que j’en pète, je suis plus à ça près.

Je paye donc la consult, je lui raconte le tout, il me dit une seule phrase “il y a une déformation, à mon avis c’est cassé et déplacé, il va surement falloir t’opérer” OUAIIISSSSSSSSS! “va payer la radio” Je paye la radio. “ok, j’appelle la manip radio de garde, elle est chez elle” nickel (je l’ai souvent dit hier soir) – c’était 1h du mat.

Elle arrive, il y a 10 personnes autour de moi dans la salle pendant qu’on me fait la radio, les portes ouvertes, 5degrés dans la salle, une vieille machine. Ça m’a mis dans l’ambiance.

La radio tombe, fibula pétée en 2, petit déplacement probable.

L’interne de garde me dit: “j’appelle l’orthopédiste?”. Je lui dit ben ui. Il me dit “t’as de quoi payer?” (nom de Dieu il se fout de ma gueule!) “de toute façon t’as pas le choix, si tu sors comme ça l’os va se déplacer” ok nickel.

Je demande: ezcuzez moi d inzizter, mais pourraize avoir quelque chose contre la douleur?. “Oui, pour 17pesos, ça doit être possible”

L’ortho arrive, petit coup d’oeil à la radio. “Bon, c’est un peu déplacé, mais on va laisser ça comme ça, on va te faire un plâtre”. Wuhuu. “Ah merde, il reste plus de bandes pour le plâtre, on va aller en acheter, t’as de quoi les payer?” (grrrrrrrrrrrrr). Ce monsieur me fait donc le platre, pas de coton dessous, bien serré. Je lui dit: je dois faire une radio de contrôle quand j’enlève le platre? “non, pas la peine”. Et le coup de grâce: “bon, pas besoin d’ordonnance”. Hola mon bon seigneur, puis je avoir une petite prescription d’HBPM svp? “non, t’es pas obèse et tu fumes pas, donc non” (personne m’a jamais demandé si je fumais ou pas)

Je lui dit que j’ai plusieurs vols en avion dans quelques jours, dont un de 14h. “non, non, ça sert à rien”.

Je peux avoir des béquilles? “non, tout est fermé, t’iras en acheter plus tard”. C’est que la c’est un peu galère de marcher avec une chaussure gauche sur le pied droit, et un plâtre à l’autre pied. Mais en gros, monsieur en a RAF.

Aujourd’hui, au réveil, mon plâtre était trempe. Le talon du plâtre est quasi percé tant il est fin. Et bibi est happy.

Vous, très peu, qui vous inquiétez, je suis allé me faire une prise de sang pour vérifier mes plaquettes, et ai acheté l’héparine, pour pas prendre de risque :)

Donc voila, aujourd’hui grosse galère avec les béquilles (si je finis pas avec des triceps de fou je comprend pas), qui te fait bien sentir à quel point t’es pas musclé, et repos dans la chambre d’hôtel bien glauque, à coté de l’hosto, au lieu d’être comme prévu en train de remonter jusqu’à la frontière Bolivienne.

Mais peu importe, je crois en avoir bien profité jusque là, et je suis content que cela soit arrivé à la fin du voyage. De plus, c’est pas du tout grave comme fracture, donc dans le malheur j’ai quand même eu de la chance.

Donc voila, j’attends vos visites chez moi à Toulouse quand je vais rentrer, car je ne pourrai pas beaucoup me déplacer :)

Sur ce, je vous dit à très bientot j’espère!

20 août 2008 Posté par Julien Peli | 2ème partie du voyage, Argentine, Le nord Argentin | | 2 commentaires

Missions Jésuites et Paraguay

Hey hey!

Allez, on va encore essayer de résumer au maximum!

Pour la suite, nous étions donc à San Ignacio, visitant de bon matin les ruines des missions Jésuites avec pour guide un descendant des Indiens Guaranis, qui se plaignait de l’évolution des Guaranis, disant que les jeunes n´hésitaient plus à faire les kékés en moto, ou mettre le maillot de Boca Juniors.

Les ruines sont magnifiques, assez bien conservées, d’un bien beau rouge ocre. Mais la visite est assez rapide.

On a donc pris le bus jusqu’à Posadas, ville qui nous a pas vraiment intéressé, donc on a pris directement un colectivo pour partir à Encarnacion, au Paraguay. Quel changement en traversant le fleuve (qui fait office de frontière)! (Je ne parlerai pas de leur espagnol qui est super rapide, qu’ils n articulent pas, et qu’ils mélangent avec plein de mots guaranis – le Paraguay est le seul pays d’Amerique latine ayant comme langue officielle une langue indigène… Tout le monde doit donc savoir parler guarani et espagnol) Beaucoup de vendeurs ambulants, plus de pauvreté, beaucoup de marchés, bref une ambiace plus populaire. Depuis Encarnacion, on voit en face les gratte ciel de Posadas, meme si il faut dire que Encarnacion a quelques beau quartiers aussi. On visite donc la ville,tres calme et agreable, mais tout est fermé car c’est l’Assomption, et le Paraguay est surement le pays que j’ai visité où la religion est la plus présente.. Les saintes écritures sont partout! Meme sur la place centrale il y a une bible sous verre. On voit des pub avec un Jésus souriant, beaucoup de citations sur les murs, dans les hotels… De plus, Assomption est le nom de la capitale, donc c’est une fete particuliere pour les Paraguayens. Mais surtout, c’était ce jour meme que se faisait le changement de président. Et quelle joie chez les habitants! On a discuté avec une jeune Paraguayenne de 19ans (qui a 2 boulots pour se payer ses études), très mature, qui nous a expliqué que depuis 50ans un parti est au pouvoir, et que les gens en avaient marre, surtout parceque le Mercosur (libre echange commercial en Amerique du sud) n’etait pas du tout respecte pour les Paraguayens.. Et le nouveau président s’avere etre…. un curé! Il est parti au vatican quelques mois auparavant demander la permission au pape de se présenter, et il a été largement élu.. La population l’adore… Le jour de son intronisation, il est arrivé en tongues, en disant qu’il refusait la moitie du salaire de président, qui ne lui serait d’aucune utilité (bon, a vrai dire il parait qu il vient d une famille très aisée , mais ca a fait son effet sur la population).

Bref, pour en revenir aux visites, le lendemain matin on est parti pour la ville de la Santisima Trinidad, visiter d’autres ruines Jésuites, encore plus grandes et bien conservées.

Dans l’aprem, sur les conseils de nombreux Paraguayens, on a decide de ne pas aller à la capitale, qui ne vaudrait pas le coup, et on est donc reparti sur Posadas pour prendre le bus direction Tucuman, pour rejoindre finalement Salta. Grosse embrouille avec la compagnie de bus au passage, qui ne sait pas ce qu est un e ticket…

A suivre, apres les 20heures de bus ;)

20 août 2008 Posté par Julien Peli | 2ème partie du voyage, Argentine, Le nord Argentin, Paraguay | | Pas encore de commentaires