Don’t cry for me Argentina
Et voila, le voyage touche à sa fin.. Et pas vraiment dans les conditions que j’espérais!
Nous étions donc une journée de plus à Salta, journée passée à visiter musées (dont le musée archéologique des hautes montagnes, qui expose 2 momies Incas) et à répondre aux questions des passants sur ma jambe. C’est fou le nombre de personnes qui se sont arrêtées pour me demander comment j’allais, me questionner sur les circonstances et me souhaiter bon courage.. Au début je croyais qu’ils voulaient me vendre des trucs, ou détourner mon attention pour qu’un complice me tire mes affaires – la feinte classique du genre. Ils étaient tellement gentils, je me disais c’est pas normal.. Mais bon, c’est Salta, c’est le nord, et au final j’ai réalisé que pour eux c’était normal.. C’est con comme ces petites choses ont tendance à se perdre dès que, soit disant, le pays se développe) On s’est ensuite reposés sur la place centrale, et on a pris l’avion dans la soirée direction Buenos Aires. Comme d’hab, Aerolineas avait du retard, et on est arrivé exténué vers 1h du mat à l’aéroport de Bs As. La, j’ai vraiment été super bien pris en charge dans ma chaise roulante, ils ont fait venir un appareil pour me faire descendre de l’avion, une voiture spécialement pour moi, un gars est allé chercher nos sacs à dos avec le ticket qu’on m’avait donné au check in, puis ils m’ont amené à un taxi, en doublant toute la file. Comme quoi, il y a quelques avantages… Ceci dit, j’aurais tout donné pour pouvoir marcher et le faire moi même. Il y a rien à dire, c’est affreux de ne pas pouvoir te déplacer. Quand tu te reposes, tu regardes tous les détails de la chambre (en te faisant allégrement chier), tu sais pas dans quelle position te mettre, tu subis le supplice du “gratage impossible à cause du plâtre” et quand tu sors, faire 100m te parait le bout du monde… Le truc marrant, c’est que 90% des gosses viennent te demander ce qu’est ce truc que t’as mis sur ta jambe, et sont super curieux à ce sujet.
Pour en revenir au quotidien, aujourd’hui j’ai décidé d’aller dans un bon hôpital de Bs AS, voir un bon traumato. Et la sentence est tombée direct: il faut m’opérer. La fracture est déplacée, mais surtout il semblerait que le ligament tibio fibulaire soit touché. J’ai gentiment décliné l’invitation, car je préfère quand même le faire en France. On verra çà là bas.
Le taxi pour l’hôpital m’a permis de faire un petit tour dans Bs As et de lui dire au revoir, un peu triste de partir, mais comme il me tarde de régler le problème de ma jambe, la séparation ne va as être aussi dure que je ne le pensais.
En tout cas, je reste plus qu’enchanté par l’Amérique du sud. Je crois que le Pérou suivi de la Bolivie resteront mes endroits préférés au niveau humain pendant le voyage. L’Argentine (et surtout Bs As) ressemble quand même beaucoup à l’Europe, mais reste très agréable. Le sud et surtout le nord sont très différents, et magnifiques. Beucoup plus charmants que la capitale.
Voilà les amis, ce sont les adieux sur le net, mais les retrouvailles dans la réalité. Demain vol pour Rome, où on doit rester jusqu’à dimanche soir (on devait la visiter, mais je crois qu’on va rester à l’aéroport en transit. Ca va être top…). Lundi j’irai surement à l’hosto voir ce qu’en pensent les traumato de Toulouse.
Plus que jamais, je vous dit à bientôt!
Salta et ses environs
Et nous voila donc, après une halte de quelques heures a Tucuman (qui nous a permis de visiter un peu la ville, notamment la “maison historique” où a été signé le traité d’indépendance de l’ Argentine) et 4heures de bus supplémentaires, à Salta (On est parti la veille vers 11h du matin de Santisima Trinidad pour arriver le lendemain à Salta vers 22h30, avec au total 24h30 de bus… Ça fait mal)
On dort dans une auberge sympa, comme d’hab quasi que des Français, avec des photos d’extra terrestres et d’ovnis partout. En effet, dans la région de Salta, beaucoup d’ ovnis ont été aperçus depuis des années, et de ce que j’ai lu c’est assez plausible (après chacun en pense ce qu’il en veut), mais bizarre, avec beaucoup de volte face des autorités dans leurs déclarations. Si ça vous intéresse, faites donc des recherches sur le sujet (souvent en espagnol).
Le matin, on décide de louer une voiture, malgré la folie des conducteurs Argentins (le pays où la sécurité routière est la plus basse au monde) et de partir au Sud de Salta. J’ ai pas fait 1km qu’ un taré arrive à fond dans le rond point où je m’étais engagé, me forçant pour l’éviter à donner un coup de volant sur la gauche, et éclater le pneu sur le trottoir. Nickel, surtout que le gars qui nous a loué la voiture avait l’air super méticuleux (on rend la voiture demain). On a donc traversé avec de nombreuses pauses la quebrada de las conchas, magnifiques formations rocheuses de diverses couleurs, dont le rouge et le vert, aussi connus pour les formes prises par les roches, représentant par exemple des châteaux ou des animaux. Mais la nuit tombant, on a pas pu voir les dernières formations (cela aura son importance par la suite).
On est donc arrivé à Cafayate, petit village charmant, entouré de montagnes, et surtout réputé pour ses nombreuses caves, notamment de vin blanc. Petite balade nocturne, puis au lit.
Le lendemain, visite de centre ville, puis montée au sommet d’une des montagnes surplombant la ville, pour aller voir des peintures rupestres précolombiennes, accompagnée par une locale sans le sou qui construisait sa maison non loin de là. On a ensuite rendu visite aux artisans du coin, qui nous ont chaleureusement accueillis, pour voir leur travail sur les cactus. Je garde un très bon souvenir d’un d’eux qui m’a fait mourir de rire avec les histoires sur sa belle mère, quand sa femme n’écoutait pas. Une grande pauvreté chez eux, mais un positivisme à toute épreuve. Aucune plainte quand à leur condition, toujours de l’espoir (alors que dans d’autres régions, on a vu des mères inculquer à leurs enfants d’aller voir les touristes en disant: “j’ai faim” ou “ma mère est malade” et qui vont te marchander pour que tu leur donnes plus si tu leur donnes).
On est ensuite allé visiter une bodega, avec dégustation de vins à la clé, puis on est parti encore plus au sud, sous un soleil de plomb, pour visiter les ruines Quilmes, de la tribu du même nom, réputée pour avoir résisté pendant plus de 130ans aux conquistadors.
Ceci étant fait, on décide de repartir sur Salta avant que la nuit ne tombe. Seulement voilà, en repassant par la quebrada de las conchas (qui je le rappelle est une vallée désertique), on s’est arrêté pour voir la partie qu’on avait pas bien vu à l’aller.. Et c’est après avoir escaladé une colline pour avoir une meilleure vue que l’incident se produisit: mon pied glisse sur la terre, et me voilà tombant à 1m en contrebas sur mon pied complètement tordu sur le coté (en valgus, pour vous amis étudiants en médecine), dans un grand “crac” et une souffrance atroce. Un cri se perdit dans la vallée. J’essaie de me relever, et là je re glisse et me fait encore plus mal au pied (un autre cri dans la vallée). Jane, qui était plus loin et qui croyait à une blague (je savais pas que je faisais des blagues aussi pourries ;) ) arrive et voyant mon état compris que je ne rigolais pas. Elle m’aida donc à rejoindre la voiture, d’où je fis rapidement mon examen clinique, et là je sentis clairement que le péroné (ou fibula, toujours pour vous) était pété en 2. Dès que je bougeais le pied, les 2 bords de l’os cassé craquait l’un contre l’autre, ce qui me rappelait macabrement les cotes cassées sur lesquelles on fait un massage cardiaque.
Nous voila donc la nuit tombée, dans une vallée désertique, le premier hôpital à presque 300 kms, avec Jane qui n’a pas conduit depuis au moins 5ans et qui se flippe trop, et moi avec un hématome énorme au niveau de la maléole externe, souffrant en silence. Nickel la situation. Mais bon, pour vous résumer, Jane a parfaitement conduit jusqu’à Salta, malgré quelques frayeurs, mais on a quand même mis 3h pour arriver à l’hôpital. Et je les ai senties passer à chaque bosse de la route.
Arrivé au premier hôpital (qui s’est avéré plus tard être une clinique), je découvre avec moult surprises que quand j’ai fait mon super examen clinique comparatif au moment de l’incident, j’ai oublié au bord de la route une de mes chaussures. Devinez quoi, c’est la seule paire que j’ai avec moi. Mieux, c’est celle du pied pas touché. Cela fait donc 2jours que je me balade avec une chaussure gauche sur mon pied droit. C’est trop la classe. Et super agréable, surtout que c’est mon seul appui.Bref.
Je suis reçu par l’interne, qui me dit: “T’as un plan de santé?” (c’est comme une mutuelle, mais c’est le même systeme qu’aux States). Je dit non. “T’as de l’argent alors?” euh… ui. “Bon, ben va payer la consulte, et après je te vois”. Je lui dit que je veux une radio, il me dit qu’il doit me voir d’abord. OK nickel! Ça fait juste 3h que j’en pète, je suis plus à ça près.
Je paye donc la consult, je lui raconte le tout, il me dit une seule phrase “il y a une déformation, à mon avis c’est cassé et déplacé, il va surement falloir t’opérer” OUAIIISSSSSSSSS! “va payer la radio” Je paye la radio. “ok, j’appelle la manip radio de garde, elle est chez elle” nickel (je l’ai souvent dit hier soir) – c’était 1h du mat.
Elle arrive, il y a 10 personnes autour de moi dans la salle pendant qu’on me fait la radio, les portes ouvertes, 5degrés dans la salle, une vieille machine. Ça m’a mis dans l’ambiance.
La radio tombe, fibula pétée en 2, petit déplacement probable.
L’interne de garde me dit: “j’appelle l’orthopédiste?”. Je lui dit ben ui. Il me dit “t’as de quoi payer?” (nom de Dieu il se fout de ma gueule!) “de toute façon t’as pas le choix, si tu sors comme ça l’os va se déplacer” ok nickel.
Je demande: ezcuzez moi d inzizter, mais pourraize avoir quelque chose contre la douleur?. “Oui, pour 17pesos, ça doit être possible”
L’ortho arrive, petit coup d’oeil à la radio. “Bon, c’est un peu déplacé, mais on va laisser ça comme ça, on va te faire un plâtre”. Wuhuu. “Ah merde, il reste plus de bandes pour le plâtre, on va aller en acheter, t’as de quoi les payer?” (grrrrrrrrrrrrr). Ce monsieur me fait donc le platre, pas de coton dessous, bien serré. Je lui dit: je dois faire une radio de contrôle quand j’enlève le platre? “non, pas la peine”. Et le coup de grâce: “bon, pas besoin d’ordonnance”. Hola mon bon seigneur, puis je avoir une petite prescription d’HBPM svp? “non, t’es pas obèse et tu fumes pas, donc non” (personne m’a jamais demandé si je fumais ou pas)
Je lui dit que j’ai plusieurs vols en avion dans quelques jours, dont un de 14h. “non, non, ça sert à rien”.
Je peux avoir des béquilles? “non, tout est fermé, t’iras en acheter plus tard”. C’est que la c’est un peu galère de marcher avec une chaussure gauche sur le pied droit, et un plâtre à l’autre pied. Mais en gros, monsieur en a RAF.
Aujourd’hui, au réveil, mon plâtre était trempe. Le talon du plâtre est quasi percé tant il est fin. Et bibi est happy.
Vous, très peu, qui vous inquiétez, je suis allé me faire une prise de sang pour vérifier mes plaquettes, et ai acheté l’héparine, pour pas prendre de risque :)
Donc voila, aujourd’hui grosse galère avec les béquilles (si je finis pas avec des triceps de fou je comprend pas), qui te fait bien sentir à quel point t’es pas musclé, et repos dans la chambre d’hôtel bien glauque, à coté de l’hosto, au lieu d’être comme prévu en train de remonter jusqu’à la frontière Bolivienne.
Mais peu importe, je crois en avoir bien profité jusque là, et je suis content que cela soit arrivé à la fin du voyage. De plus, c’est pas du tout grave comme fracture, donc dans le malheur j’ai quand même eu de la chance.
Donc voila, j’attends vos visites chez moi à Toulouse quand je vais rentrer, car je ne pourrai pas beaucoup me déplacer :)
Sur ce, je vous dit à très bientot j’espère!
Missions Jésuites et Paraguay
Hey hey!
Allez, on va encore essayer de résumer au maximum!
Pour la suite, nous étions donc à San Ignacio, visitant de bon matin les ruines des missions Jésuites avec pour guide un descendant des Indiens Guaranis, qui se plaignait de l’évolution des Guaranis, disant que les jeunes n´hésitaient plus à faire les kékés en moto, ou mettre le maillot de Boca Juniors.
Les ruines sont magnifiques, assez bien conservées, d’un bien beau rouge ocre. Mais la visite est assez rapide.
On a donc pris le bus jusqu’à Posadas, ville qui nous a pas vraiment intéressé, donc on a pris directement un colectivo pour partir à Encarnacion, au Paraguay. Quel changement en traversant le fleuve (qui fait office de frontière)! (Je ne parlerai pas de leur espagnol qui est super rapide, qu’ils n articulent pas, et qu’ils mélangent avec plein de mots guaranis – le Paraguay est le seul pays d’Amerique latine ayant comme langue officielle une langue indigène… Tout le monde doit donc savoir parler guarani et espagnol) Beaucoup de vendeurs ambulants, plus de pauvreté, beaucoup de marchés, bref une ambiace plus populaire. Depuis Encarnacion, on voit en face les gratte ciel de Posadas, meme si il faut dire que Encarnacion a quelques beau quartiers aussi. On visite donc la ville,tres calme et agreable, mais tout est fermé car c’est l’Assomption, et le Paraguay est surement le pays que j’ai visité où la religion est la plus présente.. Les saintes écritures sont partout! Meme sur la place centrale il y a une bible sous verre. On voit des pub avec un Jésus souriant, beaucoup de citations sur les murs, dans les hotels… De plus, Assomption est le nom de la capitale, donc c’est une fete particuliere pour les Paraguayens. Mais surtout, c’était ce jour meme que se faisait le changement de président. Et quelle joie chez les habitants! On a discuté avec une jeune Paraguayenne de 19ans (qui a 2 boulots pour se payer ses études), très mature, qui nous a expliqué que depuis 50ans un parti est au pouvoir, et que les gens en avaient marre, surtout parceque le Mercosur (libre echange commercial en Amerique du sud) n’etait pas du tout respecte pour les Paraguayens.. Et le nouveau président s’avere etre…. un curé! Il est parti au vatican quelques mois auparavant demander la permission au pape de se présenter, et il a été largement élu.. La population l’adore… Le jour de son intronisation, il est arrivé en tongues, en disant qu’il refusait la moitie du salaire de président, qui ne lui serait d’aucune utilité (bon, a vrai dire il parait qu il vient d une famille très aisée , mais ca a fait son effet sur la population).
Bref, pour en revenir aux visites, le lendemain matin on est parti pour la ville de la Santisima Trinidad, visiter d’autres ruines Jésuites, encore plus grandes et bien conservées.
Dans l’aprem, sur les conseils de nombreux Paraguayens, on a decide de ne pas aller à la capitale, qui ne vaudrait pas le coup, et on est donc reparti sur Posadas pour prendre le bus direction Tucuman, pour rejoindre finalement Salta. Grosse embrouille avec la compagnie de bus au passage, qui ne sait pas ce qu est un e ticket…
A suivre, apres les 20heures de bus ;)
Jungle, chutes et Brésil
Salut tout le monde!
Ouf, que d’aventures en quelques jours! Je sais pas comment je vais pouvoir vous résumer ca.. A ver :)
Nous nous trouvons donc actuellement au nord de l’Argentine, à la frontière Paraguayenne. Climat sub tropical, c a d humidité à 90 pour cent et 30degrés, avec en cadeau quelques averses et orages qui décoiffent.
Pour vous résumer le séjour, on est donc arrivé le premier jour à Puerto Iguazu, à la frontière Brésilienne, où se trouvent les chutes réputées du même nom. On a passé l’aprem à se balader dans la ville, petite mais très agréable (surtout la chaleur), vraiment rien à voir avec Bs As, beaucoup de végétation, des routes en terre rouge, et un accent brésilien bien prononcé pour des gens très chaleureux. On est allé ensuite admirer le point de vue des “3frontières”, d’où on peut voir, depuis le sol Argentin, les terres Brésilienne et Paraguayenne (frontières démarquées par 2 fleuves qui confluent) situées en face. On a passé la soirée dans un hamac, au bord de la piscine (bien crade) de l’auberge de jeunesse (moment un peu gaché par un groupe d’une vingtaine d’adolescents Francais qui étaient en “colo” dans l’auberge et qui m’ont bien soulé – bien aidés par leur con de moniteur d’ailleurs – (les ados c’est pas trop mon truc, mais alors je crois que les ados Francais tiennent la palme de la connerie par rapport aux autres pays).
Le lendemain, départ au petit matin pour faire un tour dans la jungle en 4×4, puis descente (ou plutôt remontée) des rapides du rio Iguazu (comme il avait plu énormément au Brésil, les eaux étaient en crue et pas transparentes comme elles le sont d’habitude, mais bien marrons), pour finalement aller en bateau SOUS les chutes… Je savais que ca s’appelait “la douche”, mais alors je pensais pas que j’allais être trempé à ce point (ca fait 3jours et avec l’humidité, mon pantalon n’est toujours pas sec), on est vraiment allé sous les chutes alors que je pensais qu’on resterait à un minimum de distance.
Puis ils nous ont laissé dans le parc naturel, et là a commencé un orage de malade, qui a malheureusement duré quelques heures. On a donc visité tout le parc naturel des chutes d’Iguazu sous la pluie, avec il est vrai parfois des petites éclaircies de quelques minutes. Le parc est impressionant, surtout la “gorge du diable”, une énorme chute que je crois n’arriverais pas à vous décrire, mais qui laisse complètement ébahi par la force que tiennent les eaux en ces lieux. En fin d’après midi, on a pris une espèce de barque pour descendre tranquillement le long du fleuve, et on a pu voir quelques alligators et toucans, entre autres.
Le lendemain, on a decidé de tenter le diable… En fait, Jane avait besoin d’un visa pour rentrer au Brésil, mais on ne l’avait pas fait, car on ne savait pas à quelles dates on irait exactement, et que de toute facon c’était bien chiant au niveau administratif. On a donc décidé de passer la frontière “illégalement”, cad sans passer par la douane, sur les conseils d’un Argentin qui nous a dit que si on restait pas lontemps on avait peu de chances de se faire chopper, mais si c’était le cas on partait direct en prison. Et on est passé sans problèmes, plus ou moins planqués dans un bus (je crois qu’ils s’en foutaient un peu à la frontière), direction la ville de Foz do Iguassu. Bizarre comme l’ambiance change d’un coup, tout le monde parle portuguais, les enfants ont des têtes Brésiliennes bien typiques, souvent habillés en rose et bleu fluo, mais les gens sont aussi très sympas.
Après un petit tour dans la ville, on est parti dans la jungle Brésilienne (certes c’est pas l’Amazonie, mais quand même impressionante) où je me suis fait allègrement bouffer par des centaines d’insectes (magnifique moment quand je suis allé dans des chiottes aménagées au milieu de la jungle(!) et que j’ai appuyé sur le savon pour me laver les mains: des abeilles énormes me sont tombées dans la main) avec un Brésilien super sympa, mais qui galérait un peu en anglais. On est partis dans une espèce de remorque tirée par un quad sur une partie du chemin, puis on a continué à pied. On est montés à des miradors d’où on a pu observer toutes sortes d’oiseaux et des alligators prenant des bains de soleil, puis on est parti faire du kayak sur le rio Iguazu (vraiment magique, au milieu de la jungle). On a paguayé jusqu’à une île (Argentine- oups ;) ) remplie de perroquets, puis on est parti dans le parc naturel des chutes, mais cette fois ci côté Brésilien. Les chutes se voient beaucoup mieux de ce côté, et le spectacle, cette fois ci au soleil, était incroyable. Dans le parc on a pu croisé toutes sortes d’animaux qui m’étaient jusqu’alors inconnus, comme par exemple les hormigueros = fourmiliers en francais, je sais pas si c’est leur vrai nom – des petits animaux avec une longue trompe pour aspirer les insectes, comme dans tintin ;) .
Dans la soirée on est reparti direction l’Argentine (après avoir longuement hésité à rester plus lontemps, mais on s’est finalement dit qu’on reviendrait quand on aurait les papiers en règle), on a repassé la frontière sans problèmes.
Ce matin on est reparti dans la jungle, pour faire un programme appelé “extrême” avec toutes sortes d’activités. On a commencé tranquillement en se baladant dans la jungle, en apprenant quels pièges utilisent les “indiens” Guaranis – qui vivent encore dans la zone – pour capturer les animaux. Puis on a enchainé avec de l’escalade (je préfère définitivement les vrais parois à celles des salles de sport), et arrivés au sommet, on s’est jeté dans le vide au dessus des arbres avec une tyrolienne (je me suis bien flippé avant d’y aller, mais le gars m’a poussé, et dessus ça allait) chacun à notre tour. Arrivé de l’autre côté, on a du monter super haut sur un arbre à l’aide d’une échelle en lianes – et là par contre, vous qui me connaissez, j’ai commencé à vraiment me flipper avec le vertige que j’ai dès que c’est un peu haut.. On voyait toute la jungle et le fleuve, et j’ai commencé à me paralyser, mais j’ai rassemblé mes forces pour monter bien au ralenti en me répétant “ne regarde pas en bas” (ce qui a bien fait marrer un des gars qui organisait et qui attendait en haut de l’arbre). Arrivé en haut, pas le temps de souffler, une autre tyrolienne bien plus haute, mais cette fois ci c’est moi qui ait du me lancer dans le vide tout seul, donc j’ai mis un peu plus de temps :) (pour ma défense, 2 personnes ne l’ont pas fait car elles avaient trop peur :) )
Et pour finir en beauté, on a du descendre la “montagne” en rappel. Le mec me dit: “met toi les pieds au bord de la falaise et penche toi bien en arrière”.Je lui ai répondu… “y a pas moyen” :) Mais après avoir posé une cinquantaine de questions sur la fiabilité du matériel, de l’arbre qui tenait ma corde, etc… le tout sous les yeux de tout le groupe qui à chaque fois attendait après moi (et se foutait bien de ma gueule) car je passais toujours en premier, je me suis finalement lancé… Et si je me suis bien débrouillé au début, en arrivant presqu’en bas j’ai dérapé (soit disant j’étais pas assez penché en arrière ) et je me suis vautré contre la falaise (avec comme bruit de fond l’ hilarité générale – j’ai souffert en silence… )
On est ensuite parti en bateau sur le rio Iguazu, puis au confluent, on est remonté sur le rio Parana – toujours à cette fameuse frontière entre les 3 pays.
Vers midi on est parti pour 5heures de bus direction San Ignacio, plus au sud, où l’on se trouve actuellement, pour visiter les ruines des missions jésuites (je vous invite à en lire l’histoire). Mais étant arrivé un peu tard, on va juste passer la nuit ici, les visiter tôt demain matin, et partir pour d’autres ruines à Posadas en suivant, avant de partir direction le Paraguay.
Voilà voilà, pfiu, ça en faisait des choses à écrire…
Je vous laisse là, et vous donnerai des nouvelles bientôt! En espérant que tout aille bien pour vous, la bise!